Il paraît que je dois écrire sans opiner.
Il paraît que je dois écrire sans émotion.
Il paraît que je dois être aimable, propre sur moi et transparent.
Il paraît que je dois m’habiller en gris.
Il paraît… Il paraît que je ne rentre pas dans le moule. C’est dommage. Mes excuses, je suis tout à fait désolé. Il paraît que ce n’était pas prévu. Que le moule est carré quand moi je suis rectangulaire, rond quand je suis carré, octogonal quand je suis hexagonal. Rien à faire ça ne rentre pas.
Il paraît que je noircissais des pages de poèmes quand j’étais gamin, des pages de dissertations quand j’étais ado et des pages de notes administratives une fois devenu adulte.
Il paraît que j’étouffe dans le paraître. Que j’ai le sentiment de n’en être jamais sorti depuis des décennies. Que j’ai cessé de vouloir tenter de paraître.
Il paraît que j’écris avec mes tripes. Que je jette des mots sur une feuille blanche pour écouter leur musique. Et quand ils n’en ont pas il paraît que je les crame dans un grand feu de joie, pour ensuite en jeter de nouveaux.
Il paraît que j’ai envie d’être libre.
Eric Walter – 2026 – Récits
Remerciements
- Image de couverture reproduite avec l'aimable autorisation de l'auteur, Franck Bonnet et des éditions Glénat.

Commentaires